Articles Pierre JOURDA 2006


Juste pour aujourd’hui,
J’honore ce qu’il m’est permis de transmettre.

Je dédie cet article aux Maîtres que j’ai eu l’honneur d’initier,
aux futurs Maîtres de toutes lignées et à tous ceux qui n’hésitent pas à se remettre en question pour éveiller leur conscience.

Il est convenu qu’un Etre se "forme" au quotidien, ce qui fait dire que nous sommes « La Somme, le fruit de toutes nos expériences passées ». Je ressens cela très profondément car une période de ma vie fut consacrée aux arts martiaux et je reste imprégné de ce que m’ont transmis mes deux guides Japonais. A leur contact j’ai appris à respecter les techniques et la valeur d’un enseignement.

Lorsqu’on recommande aux élèves de respecter scrupuleusement les gestes appris, c’est à fin d’en préserver leur efficacité. Les formes ont été élaborées par des Maîtres qui ont eu d’abord l’intelligence et l’idée géniale, puis le courage, la force et la patience de les expérimenter pendant de longues périodes. Elles ont ensuite été éprouvées par leurs descendants jusqu’au moment où elles ont été mises à notre disposition, pour notre usage quotidien.

Le Reiki n’est pas une pratique Martiale.

Il ne faut pas en déduire pour autant que l’application des techniques qui le composent n’exige pas les mêmes qualités. Par exemple, lors d’une session dispensée à une personne, une large place est laissée au ressenti, à l’intuition, à notre guidance. Les seules priorités sont le respect et le bien-être du Receveur. Tout ce que nous faisons et que nous mettons en œuvre doit aller dans ce sens. Si nous utilisons un « Procédé » plutôt qu’un autre, c’est qu’il est adapté au besoin présent, il reste évident que sa mise en œuvre ne suppose aucune fantaisie ou improvisation. Encore faut-il avoir appris correctement et retenu les mouvements de base, l’enchaînement des gestes doit être connu parfaitement car de leur bonne application dépend en partie le résultat.

On pourrait être tenté de dire : « Oui mais l’énergie trouvera bien d’elle-même son chemin! » ou «  A quoi bon se compliquer la vie avec toutes ces techniques! » ou encore « Il suffit de poser les mains quelque part sur le corps du receveur et de laisser couler la vie (l’ énergie) ».

Je suis en partie d’accord avec ce genre de remarque, mais en partie seulement.

Nous avons tous en mémoire l’image de Maître JESUS ou de BOUDDHA en train de pratiquer l’imposition des mains au dessus de la tête des personnes « malades ». Ils n’avaient recours à aucune technique particulière, malgré cela le transfert d’énergie était quasi instantané et le miracle avait lieu sur le champ. Mais puisque nous ne sommes ni Jésus, ni Bouddha (ou alors de très « petits Bouddha »), continuons d’user sans complexe des instruments à notre disposition, en attendant des jours meilleurs.

A mon avis, si nous avons de si nombreux outils pour mettre en œuvre l’énergie, c’est que l’Univers a jugé que dans leur grande majorité les praticiens Reiki n’ont pas atteint un niveau d’ Eveil suffisant pour pratiquer comme ils l’ont fait auparavant. J’ai toutefois la conviction qu’un jour nous pourrons à nouveau faire de même. Entre-nous, lorsque qu’un Maître Reiki pratique une Syntonie de Guérison, que fait-il d’autre si ce n’est une Bénédiction au cours de laquelle la personne reçoit un flot important d’énergie. C’est un début encourageant.

Revenons à l’idée de départ.

Puisqu’il est évident qu’à notre époque nous pouvons utiliser une panoplie d’outils conséquente, autant le faire avec professionnalisme, précision et une certaine « rigueur ».

Je sais que je peux choquer en parlant de professionnalisme, mais puisque de nos jours on revendique un brin de Reconnaissance, il est indispensable que nous nous impliquions avec plus de sérieux dans notre Voie si nous voulons être crédible.

Ce qui est valable pour les thérapeutes, l’est plus encore pour les formateurs.

On peut admettre qu’une personne adapte une technique pour ses besoins personnels, en revanche dans le cadre de l’enseignement nous devons avoir conscience que :

« Nous ne sommes que les détenteurs provisoires,
d’un savoir qui ne nous appartient pas ».

Par conséquent nous avons là encore l’obligation d’être rigoureux, précis, et de restituer complètement et le plus fidèlement possible ce qui nous a été transmis et prêté le temps d’une vie.

Dans le domaine du Reiki, nous sommes tous des chercheurs.

Nous pouvons laisser libre court à notre intuition pour trouver d’autres formes d’application de l’énergie Universelle.

Parmi les générations de Maîtres qui ont succédées à Mikao USUI, certains ont introduits des techniques qu’eux-mêmes ont innovées. Ils l’ont fait avec conscience et seulement après les avoir abondamment expérimentées avec de nombreuses personnes (traitement à distance avec le cristal de quartz - beaming - symbole du Cœur - symboles Tibétains…). Je rappelle que dans tous les cas, lorsqu’on veut introduire de nouvelles techniques la règle est qu’elles doivent fonctionner avec tous les praticiens et pas seulement leur auteur.

D’autres ont amené des techniques issues de systèmes énergétiques différents, mais en les adaptant au Reiki. Je pense à l’I.P.E (Intervention Psycho Energétique) transmise par William Lee Rand, qui l’a reçu de la part d’un guérisseur Hawaïen.    

A ce propos, certaines « âmes pensantes » s’offusquent de voir se développer le Reiki en prétendant : « Le Reiki n’est que ce que Mikao USUI a enseigné ».

Il me semble fâcheux de manquer d’ouverture à ce point et de limiter sa pratique. D’une part le docteur USUI et Shugiro HAYASHI ont transmis beaucoup plus que certains le prétendent aujourd’hui. Malheureusement, pour des raisons encore inconnues, une partie des Maîtres n’ont pu avoir accès à tout ce qu’ils ont laissé à leurs prédécesseurs. Nous en avons un exemple flagrant avec les Techniques Japonaises de Reiki, rendues à la « Communauté Reiki » il y a quelques années par Franck ARJAVA Petter.

Le Reiki, une Voie en évolution.

Il est tout à fait normal de penser que si Mikao USUI avait vécu dix, vingt ou trente ans de plus, sa pratique aurait encore évoluée et personne n’aurait à s’en plaindre.

L’ énergie de l’univers évolue ! L’ humanité évolue ! Pourquoi les outils qui mettent en œuvre cette énergie devraient-ils ne pas évoluer ?

N’oublions pas que dans notre Univers : 

  • Le Mouvement, c’est la Vie !

  • Le Ralentissement, c’est la maladie

  • L’ Arrêt, c’est la mort !    

Tout en étant conscient et ouvert aux possibilités de changement, je rappelle que nous faisons partie d’une chaîne de transmission. Il est de notre devoir en tant que « Porteur d’un Savoir » et pour éviter de le voir s’éteindre, de léguer le plus fidèlement possible l’héritage du passé aux jeunes générations.

Dans cette perspective, je propose à tous les Maîtres qui le souhaitent, d’appliquer et d’ajouter symboliquement aux Idéaux du Reiki , l’idée suivante :  

« Juste pour aujourd’hui.
J’honore ce qu’il m’est permis de transmettre ».

Ce qui à mon sens, est une très belle façon de :

«Rendre Hommage à nos professeurs, à nos aïeux, …». 

Avril 2006



A.O.C Maître

J’entends parfois des commentaires sur l’appellation « Maître Reiki ». Si certains me paraissent judicieux, je trouve d’autres déplacés, voire irrespectueux envers la famille Reiki que nous représentons. Le malaise que je ressens par rapport à cela me donne l’élan de faire aujourd’hui le point sur ma conception de ce titre.

Originellement, le titre de Maître (Senseï) est attribué à un adepte par son propre Maître ou par ses pairs. Pour cela il doit avoir démontré après de longues années de pratique assidue, qu’il maîtrise toutes les facettes de son art d’un point de vue technique, mais qu’il ait de plus acquis les qualités  humaines qui feront de lui un bon transmetteur, respectueux de la méthode et de l’éthique.

Il y a un décalage entre ce qui est dit ici (qui représente la tradition) et le fait que dans notre Art nous obtenions ce titre après seulement deux jours de stage. La différence est énorme car d’un côté on doit s’impliquer, beaucoup travailler, transpirer, suer, souffrir parfois et prouver des qualités, tandis que dans notre Voie on reçoit le titre et c’est ensuite seulement qu’on pourra s'engager pour acquérir certaines vertus, si on en a l’impulsion.

Ce qui peut choquer, c’est qu’une personne en possession de son diplôme de Maître Reiki peut ne jamais travailler sur elle, ne jamais chercher à approfondir ou à développer son savoir et malgré tout enseigner. Le plus grave dans ce cas n’est pas le fait qu’elle pratique les rituels d’Initiation (si elle respecte les protocoles), mais plus précisément qu’elle transmette un savoir qu’elle aura sans doute peu ou très mal compris et assimilé. Avec le risque d’interprétations personnelles pour combler certaines lacunes techniques et/ou intellectuelles, d’où une dévalorisation de notre pratique, au fil du temps.

Soyons juste, il est vrai qu’après deux journées de formation à la Maîtrise nous avons reçu normalement tous les éléments de base pour commencer à enseigner. Il reste une condition toutefois, celle de nous engager de toutes nos forces et de tout notre Cœur, pour transmettre le minimum souhaité aux élèves débutants. Ceci ne fait pas du « Bébé Maître » un Maître au sens large car l’acquisition de la Maîtrise est progressive. Seul le temps, le travail et l’expérience permettront de développer et d’intégrer les aptitudes essentielles.

Certains ironisent à propos des Maîtres Reiki avec des commentaires du style: « Ils ne Maîtrisent rien, l’énergie ne se maîtrise pas, Maître – pipo … ». Sans rentrer dans la dualité et la polémique, je peux assurer que tous les Maîtres sensés que j’ai rencontrés admettent sans l’ombre d’un doute que nous ne maîtrisons pas grand-chose, surtout dans le domaine énergétique qui est le nôtre. C’est un sujet très sensible, à tel point que des Enseignants Reiki préfèrent utiliser l’appellation : « Transmetteur Reiki » - « Instructeur Reiki » - « Initiateur Reiki », etc. La plupart sont sincères, et parce qu’ils connaissent avec justesse le sens du titre « Maître » ils lui préfèrent une dénomination plus adaptée à leur sensibilité. Personnellement je trouve leur choix parfaitement  respectable.

Si on veut être rigoureux sur le sens des mots, alors aucun être humain ne peux se prévaloir d’un tel titre car quel que soit l’art étudié, personne ne maîtrise la globalité de la méthode. Quelques-uns se rapprochent de ce que nous pouvons qualifier être « une forme de perfection », mais il y a toujours  matière à creuser. On en revient au point de départ de toutes Voies :

« L’important n’est pas l’arrivée, mais la Voie elle-même » .

J’en ai pour preuve les quelques Maîtres que j’ai eu l’honneur de côtoyer dans d’autres domaines, ils pratiquaient inlassablement et beaucoup plus que leurs élèves. Nous ne devons jamais associer :

 « Etre Maître – donc avoir la Maîtrise – donc ne plus travailler ».

En conséquence, si on adopte ce titre on doit assumer et travailler plus encore que les autres pratiquants. Ceci est dit de façon très claire dans notre lignée : 

« La Maîtrise n’est pas le but final, c’est un nouveau départ » (même si elle nous propulse et bouleverse favorablement notre Évolution Spirituelle).

Paradoxalement à ce que je viens d’écrire, je suis en harmonie avec le titre de « Maître Reiki » ou de « Maître Enseignant ». Non pas parce que j’aurai acquis toutes les qualités et les compétences supposées (excusez-moi de vous avoir fait peur !), mais simplement parce qu’ayant moi-même une grande conscience de ce qu’il représente il me responsabilise au quotidien. Pour cela il m’incite à travailler constamment sur moi, me guide tant dans ma vie que dans ma position d’enseignant et m’encourage à « Honorer ce qu’il m’est permis de pratiquer et de transmettre » (voir l’article du « Reiki Info 26/07 » n° 20). Je n’ai pas deux ailes sur le dos mais je n’en fais pas une maladie et je continue de garder les pieds sur terre.

Ne laissons pas la sémantique nous diviser.

Aujourd’hui plus qu’hier nous avons besoin que toute la famille Reiki soit réunie !

Chacun peut avoir ses propres interrogations sur ce sujet, j’ai envie de vous dire : « Ne doutez plus, n’ayez pas honte, relevez la tête et portez brillamment ce titre si c’est votre souhait. Honorez-le, impliquez-vous de toutes les manières possibles (dans votre pratique personnelle – en qualité d’enseignant – dans une fédération …) travaillez toujours plus et encore, là est le véritable secret quelle que soit l’appellation choisie ».

Si tous les Enseignants, Instructeurs, Initiateurs ou Maîtres de toutes lignées respectent et honorent le titre qu’ils portent (quel qu’il soit), ils redonneront de l’éclat et de la Lumière à leur pratique personnelle et au Reiki en général, pour le plus grand bien de tout le monde et en Harmonie avec l’ Univers! 

Octobre 2006
 

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