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Vivre en conscience
Lorsqu’à une période de notre vie nous
saisissons et intégrons que nous avons la capacité
d’agir sur le cours de notre existence, nous mettons
alors toutes nos énergies pour trouver une « Voie » et
appliquer ses enseignements. Nos instructeurs font
parfois référence à des personnes dont l’expérience est
un exemple pour tous. Ces êtres qu’on appelle
« Eveillés ou Libérés » sont comme des phares sur
l’océan de la vie. Ils brillent pour indiquer le bon
chemin « aux égarés » que nous sommes. Ils sont devenus
des guides pour toutes les générations et aujourd’hui
encore ils influencent la notre.
Les annales relatent que la plupart de
ces personnages « exceptionnels » vivent une enfance
analogue à leurs contemporains. Ce n’est que plus tard
que leur expérience ici bas se métamorphose. Le
processus de transformation se déclenche alors après un
choc émotionnel, vécu dans la douleur. Le traumatisme
les conduit à une prise de conscience élevée et à une
remise en cause de toutes leurs valeurs et croyances. Ce
fut le cas notamment pour Bouddha mais également pour
Jiddu Krishnamurti (1895 – 1986), lors de la mort en
1925 de son jeune frère Nityananda atteint de
tuberculose. Son départ précipité provoqua chez J.
Krishnamurti une profonde mutation intérieure qui
aboutit à la rupture de toutes les chaînes
psychologiques qui l'entravaient.
D’autres fois cette transformation peut
être quasi instantanée, comme ce fut le cas récemment
pour BYRON Kathleen Reid (connue sous le nom de BYRON
Katie) ou survenir sur une période relativement longue
et par paliers. Elle ressemble alors à celles de la
chenille qui passe généralement par quatre ou cinq
stades larvaires avant d’entamer une mutation. La
métamorphose de la chenille en papillon est un symbole
qui est repris dans toutes les mythologies. De même que
le papillon qui émerge de sa chrysalide, l’âme humaine
est appelée à renaître des épreuves pour s’éveiller à la
sagesse.
La recherche de l’Eveil à tout prix ?
A l’évocation de ces différentes
transformations pour atteindre l’Eveil, notre mental qui
aime bien discourir et considérer les faits peut
entrevoir une forme d’injustice : « Pourquoi certains
trouvent l’Eveil au cours de leur existence dans cette
vie ? Pourquoi certains atteignent l’Eveil
instantanément, tandis que pour d’autres le processus
est plus long ? Qu’ont-ils fait de plus ? Quand
sera-t-il pour nous ? Etc.» J’avoue ne pas avoir
réponse à ces interrogations mais ont-elles un réel
intérêt ? Ce qui est sûr en revanche, c’est que certains
l’ont été, tandis que d’autres le sont aujourd’hui ou le
seront demain. L’erreur grossière que nous pourrions
commettre, serait de rester fixer sur ce seul objectif
« La recherche de l’Eveil à tout prix ». Nous aurions à
coup sur l’assurance d’entretenir la frustration d’un
vide permanent, car au final très peu y accéderont dans
cette vie présente. Mais ce qui me paraît le plus
important, c’est que si nous remplaçons tous nos désirs
de la vie matérielle par un nouveau désir : celui de
l’Eveil et que nous le recherchons avec autant de force
que si nous voulions une voiture, c’est toujours le
« JE » qui veut l’Eveil. Hors la seule chose qui empêche
l’Eveil c’est qu’il y a un « JE ». Donc, « JE » ne serai
jamais éveillé, parce que l’Eveil c’est l’absence de
« JE ».
Souvenons-nous des paroles de Bouddha :
«Nous
devons
Etre
ouvert
aux
résultats,
plutôt
que
s’attacher
à eux».
On ne peut rechercher que ce que nous
avons déjà connu
Nous avons tous au moins dans le
principe, une certaine conception de l’Eveil. Par
contre, nous sommes mal à l’aise pour répondre à
certaines questions, du genre : « Que peut ressentir un
être éveillé sur le plan physique, dans sa chair ? A
t’il des émotions ? Qu’est-ce qui l’anime ? Comment se
perçoit-il ? Quelle est son attitude mentale ? Quelle
est la nature de sa relation aux autres, à la Vie, à
l’Univers en général ? ». Nos réponses restent troubles
et nous pensons que c’est normal puisqu’à priori nous
n’avons jamais éprouvé cet état. Je dis à priori, parce
qu’il se pourrait que ce soit justement le contraire. Il
se pourrait que nous l’ayons déjà vécu une fois au
moins. Comme il a été souligné précédemment, nous en
avons tous une certaine idée, c’est la trace futile
restée engrammée dans notre mémoire cellulaire ou dans
notre inconscient. Certaines traditions relatent qu’à
notre arrivée sur Terre nous sommes des êtres « Purs et
Parfaits ». Nous possédons alors la Connaissance et la
Conscience de TOUT. De « Qui nous sommes », « D’où nous
venons », « Quelle est notre mission ici bas », « Qu’est
l’Univers », « Quel est le sens de la Vie »… Et
justement, si aujourd’hui même nous (re)cherchons plus
ou moins consciemment l’éveil, c’est parce que
précisément nous l’avons déjà connu au moins une fois.
On ne peut rechercher que ce que nous avons déjà connu,
sinon on ne le chercherait pas à nouveau. Hors, très peu
de temps après la naissance nous subissons un « drame »
que l’on nomme « La Séparation ». C'est-à-dire que nous
perdons la connexion entre notre MOI Conscient (ce que
nous sommes au quotidien) et notre MOI Supérieur
(spirituel), notre étincelle Divine. Dés lors, le voile
de l’illusion tombe sur nous et nous sommes déconnectés
de la réalité de la vie. Et justement, le but de notre
expérience dans cette vie incarnée consiste à
« Travailler » pour enlever ce voile et qu’apparaisse à
nouveau la vérité transcendante. Dés lors nous ne sommes
plus victimes de toutes nos illusions, de notre
ignorance et du désir. Malheureusement, dans notre quête
nous nous rendons compte qu’ôter ce voile est quelque
chose de moins aisé, qu’il peut paraître lorsque nous
dissertons.
Nos conditionnements
Il ne suffit pas de simplement comprendre
le principe, pour parvenir à se Libérer. Une des raisons
à cela, c’est que nous sommes programmés. Tous les
Maîtres de Sagesse le disent, nous avons à nous
déprogrammer, à nous libérer des conditionnements créés
par : notre éducation, notre milieu familial, notre
société, nos croyances culturelles, nos croyances
religieuses… Et évidemment, sans qu’il soit nécessaire
de se culpabiliser, nous devons bien reconnaître que
nous contribuons largement à entretenir nos propres
conditionnements, par faiblesse parfois et manque de
courage aussi.
« La société nous influence tous, elle
façonne notre pensée, et cette pression extérieure de la
société se traduit peu à peu sur le plan intérieur ;
mais aussi profond qu’elle pénètre, elle agit toujours
de l’extérieur, et l’intérieur n’existe pas pour vous
tant que vous n’avez pas brisé l’emprise de ce
conditionnement »… « La mémoire est le résultat d'une
éducation donnée dans un milieu donné. Elle est
l'entrepôt de tous les conditionnements passés. Et la
pensée n'est que la réaction de la mémoire face à un
stimulus. La pensée ne peut donc que perpétuer ce
conditionnement » J. K*
Un autre aspect qui va
de pair avec le conditionnement concerne notre cerveau
et plus précisément son mode de fonctionnement actuel.
Je laisse à Isabelle PADOVANI – Gardienne du Son, le
soin de préciser cette notion: « Avant que le
principe de Kototama soit caché, le rythme de notre
cerveau (MANA) se synchronisait en permanence avec
l’activité des rythmes universels (ANA – La Source).
Notre langage (KANA) était alors le reflet exact, dans
« l’Ici maintenant », du vivant… Depuis l’occultation du
principe de Kototama et jusqu’à aujourd’hui, les
principes de MANA et KANA sont séparés ; le cerveau
n’exerce plus sa fonction de récepteur, et les sons que
nous prononçons sont issus d’un langage arbitraire
conventionnel : nous avons une voix, mais nous avons
perdu le « verbe ». C’est la raison pour laquelle nous
ne trouvons jamais la paix intérieure et notre mental
est sans cesse agité : il est perturbé par les sons
dysharmonieux qu’il entend en KANA. Le lien ANA/MANA
étant interrompu, la pratique de Kototama propose
d’atteindre MANA et KANA, en prononçant les « mots –
âme » conservés par les Gardiens du Son… Ainsi le
cerveau va recevoir à nouveau l’énergie originelle d’ANA
et retrouver peu à peu, par résonance avec la vibration
de celle-ci, sa fonction première de récepteur : il
pourra alors à nouveau « résonner » avec le Vivant, au
lieu de « raisonner » en vain…
En nous permettant de reconnecter l’essence de toute
chose, c’est notre propre nature essentielle et
originelle que le Kototama nous permet de retrouver. Par
le voyage intérieur sur le vaisseau du Son, la pratique
de Kototama offre la possibilité de rétablir le lien
intime entre l’Ego et le Soi, entre le Corps et
l’Esprit, dans le ressenti intime de la vibration du
Son… »
Si aujourd’hui nous
sommes attentifs, nous devons bien constater que notre
cerveau émet en permanence pour juger, jauger, décider,
trancher, exiger, étiqueter, classer, bref ! Il veut
tout analyser, tout diriger et dans tous les domaines de
notre existence. Quelle que soit la situation vécue, il
ne faut pas longtemps pour se rendre compte que les
réflexions que nous faisons ne servent pas l’instant
présent. Nous sommes passés d’un langage pur au langage
« HILUKO » qui signifie : impur, impropre, arbitraire
et conventionnel. Hors, nous savons que des pensées
pures, amènent des paroles pures qui induisent des actes
justes. La parole est le reflet de ce que nous sommes au
plus profond de nous et de ce que nous sommes devenus au
fil du temps, par tous nos conditionnements et notre
soumission bienveillante à la société en général.
Vivre en Conscience
Pour qui veut faire un
pas de plus dans la réalisation de Soi, il est essentiel
de travailler sur tous ces aspects, même si nous n’avons
pas l’assurance de parvenir jusqu’au total Lâcher
prise du Mental et de l’Ego.
C’est bien de cela dont il s’agit, c’est
le passage obligé pour arriver au sommet du pendule (cf.
« La Théorie du pendule » dans La lettre Reiki Forum 42
ou sur mon site). C’est une grande et belle aventure que
d’essayer de vivre (de plus en plus) en conscience et
donc de s’observer dans tous les actes de notre vie,
pour passer de l’état de « victime » à celui
« d’acteur » (ou de « sauveur » comme le dit Dolorès
Lamarre – La lettre du Reiki Forum 49). Le mouvement de
réalisation de Soi ne passe par personne même si
l’enseignement des Maîtres Spirituels favorise et
accélère notre processus
d'éveil en conscience.
Ecoutons à ce propos ce
que dit J.K* dans sa « Lettre aux étudiants » :
« Vous devez être votre
propre maître et votre propre disciple. Il n'y a pas
d'Instructeur en dehors de vous, pas de Maître, pas de
Sauveur ; c'est vous-même qui devez vous modifier, donc
apprendre à vous observer, à vous connaître » … « C'est
un processus qui, consciemment ou inconsciemment,
continue sans arrêt et qui, par conséquent, n'est pas
limité à certaines heures de la journée. C'est une
action continue, du matin jusqu'à la nuit – une
observation sans observateur. Il n'y a donc pas de
division entre la vie quotidienne et la méditation. »…
« La vérité est en nous. Mais chercher seul n'est pas
pour autant impératif, une "collaboration amicale sans
aucune autorité" est préconisée. »…
Une autre de ses
déclarations le résume parfaitement : « Ma seule
préoccupation est de rendre les hommes absolument,
inconditionnellement libres »…"Ce sont les enseignements
qui comptent, pas l'instructeur qui
les délivre".
Autrement dit, nous
devons observer quotidiennement avec quoi nous sommes en
résonance, parce que toute la vie se résout à juste
percevoir instant après instant où je suis, et qui je
suis. Qui est en train de vivre ici maintenant ?
-
Est-ce que c’est
l’être « Je sens » ?
-
Est-ce que c’est
l’être « Je sais » ?
-
Est-ce que c’est
l’être « Je suis » ?
Il est probable que dans
notre recherche nous serons alternativement fixé sur un
de ces aspects, à l’inverse de l’être Libéré ou Eveillé
qui est capable de voir simultanément chacune des 3
dimensions.
Pour tous les
chercheurs de Lumière
Nous avons bien saisi
que nous n’avons aucune assurance d’atteindre un jour
l’Eveil dans cette vie présente et par ailleurs, que
cela ne doit pas être une priorité. En revanche, nous
pouvons « Travailler » à
Vivre de plus en plus en Conscience
pour moins souffrir, accéder à une certaine harmonie, à
un certain bien-être, à vivre en Paix (la Paix de l’âme)
et si possible « Etre plus Heureux ». Mais au fait, un
éveillé nous questionnerait sans doute : « Qu’est-ce,
Etre Heureux ? ».
Puisque j’ai cité BYRON
Katie, je lui laisserai le soin de conclure :
« Lorsque vous
vous disputez avec la réalité, vous perdez, mais
seulement toujours ».
A bon entendeur,
salut !
* J. K :
Jiddu KRISHNAMURTI
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