|
Plan Relatif et plan Absolu
J’aimerai aborder un sujet auquel j’ai été sensibilisé
il y a quelques mois. Il s’agit des notions de
« Relatif » et « d’Absolu ». Comme tout le monde je
connaissais intellectuellement ces mots, mais comme
parfois, n’ayant pas nourri ma conscience de leurs
substances, elles n’avaient aucun effet dans ma vie
quotidienne. Avant de développer mon point de vue il me
parait souhaitable de définir ces mots.
ABSOLU
Du latin absolutus (détaché,
achevé, parfait), qui provient du verbe absolvere
(détacher de, délier, dégager). Le terme « absolu »
s’applique en premier lieu à tout ce qui est sans
condition ou inconditionné, c’est-à-dire détaché de
toute dépendance à autre chose que soi-même. Ainsi, en
philosophie, on parle de la « vérité absolue » pour
désigner la vérité universelle et éternelle, sans aucune
restriction de temps ou d’espace.
En second lieu, le terme d’absolu
s’applique à tout ce qui est sans limite ou illimité,
c’est-à-dire potentiellement infini. Ainsi, en
politique, on parle de « monarchie absolue » lorsque le
pouvoir du souverain n’est soumis à aucune limite ni
aucun contrôle (absolutisme) ou, chez les philosophes
classiques, on parle de Dieu comme l’être absolu par
l’excellence : « Par Dieu, j’entends un être absolument
infini, c’est-à-dire une substance consistant en une
infinité d’attributs, dont chacun exprime une essence
éternelle et infinie », écrit Spinoza dans l’Ethique
(livre I, définition VI).
RELATIF
Du
latin relativus (qui est en rapport avec), qui provient
de relatio (rapport, relation). Le terme « relatif »
s’applique au contraire à tout ce qui est relié et
subordonné à autre chose que soi-même, en tant que ce
lien constitue une dépendance, une limitation ou une
restriction. Comme le souligne Aristote dans son traité
des Catégories (ch. 7), « on appelle relatives, ces
choses dont tout l’être consiste en ce qu’elles sont
dites dépendre d’autres, ou se rapporter de quelque
autre façon à autre chose ».
Le relativisme est ainsi la doctrine selon laquelle les
opinions, les vérités ou les valeurs sont relatives,
c’est-à-dire dépendantes de conditions particulières et
déterminées dans lesquelles elles changent. On parle
ainsi de relativisme moral dans l’ordre des jugements de
valeur (le bien et le mal varient selon les époques et
les sociétés) ou de relativisme esthétique dans l’ordre
des jugements de goût (les « goûts et les couleurs »
varient selon les personnes). Le premier représentant de
cette doctrine fut le Sophiste Protagoras dont le Traité
de la vérité commençait par ces mots : « L’homme est la
mesure de toutes choses ». Selon Platon, cette phrase
signifie : « Telle une chose m’apparaît, telle elle est
pour moi ; telle elle t’apparaît, telle elle est pour
toi » (Platon, Théétète, 151e).
En résumé :
Est absolu tout ce qui existe en soi, en tant que cela
est indépendant, inconditionné et potentiellement
illimité ; en ce sens, l’absolu est toujours immuable.
Est relatif, tout ce qui existe en autre chose que soi,
selon une relation de dépendance et de limitation ; en
ce sens, le relatif est toujours variable.
MON POINT DE VUE
Lorsque nous nous situons sur le plan RELATIF, nous
interprétons les évènements de notre vie en fonction de
notre ouverture de Conscience, et donc : « A chacun sa
vérité ou sa part de vérité » ; alors que ce qui est
entendu comme étant ABSOLU est indépendant de notre avis
et/ou de notre position.
Je
considère personnellement que : RELATIF et ABSOLU, sont
deux plans, deux dimensions, « Deux espaces de
Conscience ».
Sans
en avoir réellement conscience, depuis notre premier
souffle de vie nous naviguons dans ces espaces. Ils nous
aident à faire des choix, à nous déterminer, à nous
situer par rapport à nous-mêmes et par rapport aux
autres.
Par exemple, dans notre relation avec
nous-mêmes et avec les autres, nous observons et nous
évaluons nos impressions, notre ressenti, pour arriver
comme on dit : « à faire la part des choses ». Pour cela
bien sur, nous sommes influencés par nos goûts, nos
croyances, nos convictions, nos aspirations. Nous tenons
compte (plus ou moins) de l’avis des autres, de leurs
souhaits, de leurs attentes, etc. Tout cela est
interdépendant au moment du choix, au moment de la prise
de décision.
Ce
que j’observe en général dans la relation à l’autre,
c’est que l’Être humain malgré sa bonne volonté,
rencontre des difficultés à échanger, à dialoguer, à
écouter et plus encore, à entendre son partenaire. Le
propos n’est pas de blâmer ou d’émettre des jugements de
valeurs qui ne seraient que RELATIFS, c’est à dire
conditionnés par ma propre conscience des choses.
J’aimerai
simplement attirer votre attention sur certains points,
pour vous permettre de
commencer à observer ce que cela peut changer pour vous.
Lorsque nous échangeons avec un proche, un parent, un
ami, nous constatons parfois au cours de la conversation
que le discours dévie, devient obscur. Nous perdons le
fil qui nous relie à notre interlocuteur et nous ne
sommes plus en « Résonance » avec lui. Je ne veux pas
revenir sur le fait, que chacune des parties peut avoir
des points de vue différents sur la situation en cours ;
ceci est normal et juste. Il s’agit d’éviter qu’il y ait
une coupure et d’aider les parties à rester centrées sur
le sujet traité.
En
parlant avec un ami, s’il me dit : « Tous les hommes
sont égaux ». Je me vois très bien lui répondre : « A
voir tous les êtres qui vivent en ce moment sur TERRE,
il ne me paraît pas très évident qu’ils le soient ».
Bien
sur, dans l’ABSOLU on peut considérer qu’ils le sont ;
mais sur un plan RELATIF, dans la vie matérielle, celle
à laquelle nous sommes confrontés au quotidien, force
est de constater malheureusement, que ce n’est qu’un
mythe. Il y a beaucoup trop de différence, pour croire
en cette affirmation.
Si à
mon tour, je lui dis : « Les 6,5 milliards d’Êtres
humains qui peuplent la TERRE forment un TOUT, une
UNITE ». Il pourra très bien me répondre que, malgré le
fait que les 6,5 milliards d’êtres constituent ce qu’on
appelle « l’Humanité », à son avis je vis dans
l’illusion. Il m’expliquera : « Que je ne suis pas lui
et qu’il n’est pas moi » ; « Qu’il n’est pas dans mon
corps, comme je ne suis pas dans le sien ». Et que « Si
un jour on lui coupe un bras, ce n’est pas le mien qui
aura été amputé. »
Ce
qui est flagrant ici, c’est qu’une des personnes
développe une idée qui sous-tend la notion d’ABSOLU,
elle parle alors d’un ABSOLU « Idéalisé » (ou de manière
générale), tandis que l’autre argumente sur le plan
RELATIF, très « Terre à Terre ».
Il
arrive d’autres fois, que lorsqu’une des parties n’est
pas d’accord (ou qu’elle souhaite prendre le contre-pied
de l’hypothèse développée) elle présente un cas
exceptionnel, « l’exception qui confirme la règle »
pourrait-on dire.
Dans
tous les cas, si les personnes restent sur leur
position, sans essayer de bouger un tant soit peu, elles
vont entretenir la confusion, l’incompréhension et
générer à cour terme de la souffrance.
Imaginons qu’au cours d’un débat, l’orateur explique les
dangers qu’il y a à consommer du tabac, de l’alcool et
autres substances. Il ne fait pas l’ombre d’un doute,
qu’une personne bien intentionnée (qui pour se rassurer,
probablement inconsciemment) ne tardera pas à rapporter
l’histoire d’un ami ou d’un lointain ancêtre. Ce
dernier, malgré son âge avancé, le fait qu’il fumait à
longueur de temps et buvait plus que de raison (ou de
soif), a néanmoins enterré 3 épouses, défiant ainsi les
lois de la nature.
Comme
on l’a souligné précédemment, on voit très bien que le
premier argumente sur un plan général. Il est évident
que dans l’ABSOLU on ne peut qu’être d’accord et
reconnaître que la consommation régulière de ces
substances est nuisible à la santé.
A
l’opposé, le contradicteur argumente sur un plan RELATIF
et effectivement on peut toujours trouver un cas
exceptionnel.
Les
personnes n’ont pas toujours conscience, qu’elles
argumentent respectivement sur des plans différents et
cela entretient la « Dualité » et leur inconfort.
Dans
le cas présent, pour que le débat soit constructif il
serait souhaitable de préciser :
- Que
les risques encourus sont bien réels, mais qu’ils
peuvent être en partie limités.
- Que
l’incidence sur la santé peut varier en fonction de la
fréquence de la consommation, de la nature même des
produits, de la nature aussi des personnes et d’autres
facteurs qui nous échappent (Il est parfois difficile de
comprendre la « justice Divine » devant les
comportements quasi suicidaires de personnes, qui font
tout de travers et vivent plus que la moyenne. Alors
qu’à l’inverse, certaines encore jeunes, décèdent d’un
cancer ou autre maladie, malgré le fait qu’elles
menaient une vie saine et équilibrée).
L’intervenant pourrait conclure que malgré cet inconnu,
il est de loin préférable d’adopter une « bonne » ligne
de conduite dans l’existence et d’être vigilant à ce que
nous consommons, etc.
Y a t-il un piège ?
Effectivement, il y a un axe où on
risque de se perdre. Le piège serait de penser que nous
avons à nous fixer au préalable une règle rigide. Que
celle-ci nous obligerait à déterminer à l’avance, à nous
cheviller dans l’un ou l’autre plan, en estimant que
pour telle situation le plan de l’ABSOLU est plus
avantageux, ou inversement. Nous aurions donc une règle
qui opposerait ces deux plans ; hors nous savons que
« La Voie du Juste milieu » est toujours préférable aux
positions extrêmes. Pour un faire un parallèle, c’est le
même principe qui régit les concepts de Yin et de Yang,
de bien et de mal, de chaud et de froid, etc. Ils sont
complémentaires, comme les deux pédales d’un vélo. Quand
l’une est en haut, l’autre est en bas et la seconde
suivante se sera l’inverse. Nous ne nous posons pas la
question du choix car les deux participent et produisent
le mouvement.
Quelle attitude avoir ?
Dans
chaque situation que nous offre la vie, nous tirons
toujours avantage à bien considérer les faits, pour
réajuster et réactualiser sur le champ. Pour toutes
situations que nous qualifions « Nouvelles » (donc en
dehors de celles que nous avons déjà eues à traiter et
qui demandent peu d’investigation), nous avons intérêt à
observer et à passer en Conscience (plusieurs fois sans
doute) du Plan ABSOLU au plan RELATIF. Et dans ce
mouvement de va et vient, nous devons considérer les
opportunités et les inconvénients perçus dans chacun
d’eux, pour en retirer la substance. Le mélange de ces
plans est par conséquent, constructif et nourrissant.
En conclusion :
Nous
savons que les décisions prises à la hâte, dans le feu
de l’action, sans le passage par le filtre de ces
« Espaces de Conscience », laissent le champ libre au
jeu du Mental et de l’Ego. Inutile d’insister sur le
fait qu’elles seront alors, erronées, injustes et
inappropriées à la situation. En revanche, la stratégie
élaborée ci-dessus peut nous aider à acquérir une
opinion juste et adéquate, basée sur une mûre réflexion.
De plus, elle nous aidera souvent à rapprocher des
points de vue, à comprendre celui des autres et à les
respecter.
« Lorsque
ABSOLU et RELATIF sont bien intégrés et utilisés,
ils fluidifient le mouvement de la Vie ».
Janvier 2009
|