Articles Pierre JOURDA 2009

Plan Relatif et plan Absolu

J’aimerai aborder un sujet auquel j’ai été sensibilisé il y a quelques mois. Il s’agit des notions de « Relatif » et « d’Absolu ». Comme tout le monde je connaissais intellectuellement ces mots, mais comme parfois, n’ayant pas nourri ma conscience de leurs substances, elles n’avaient aucun effet dans ma vie quotidienne. Avant de développer mon point de vue il me parait souhaitable de définir ces mots.

 ABSOLU

Du latin absolutus (détaché, achevé, parfait), qui provient du verbe absolvere (détacher de, délier, dégager). Le terme « absolu » s’applique en premier lieu à tout ce qui est sans condition ou inconditionné, c’est-à-dire détaché de toute dépendance à autre chose que soi-même. Ainsi, en philosophie, on parle de la « vérité absolue » pour désigner la vérité universelle et éternelle, sans aucune restriction de temps ou d’espace.

En second lieu, le terme d’absolu s’applique à tout ce qui est sans limite ou illimité, c’est-à-dire potentiellement infini. Ainsi, en politique, on parle de « monarchie absolue » lorsque le pouvoir du souverain n’est soumis à aucune limite ni aucun contrôle (absolutisme) ou, chez les philosophes classiques, on parle de Dieu comme l’être absolu par l’excellence : « Par Dieu, j’entends un être absolument infini, c’est-à-dire une substance consistant en une infinité d’attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie », écrit Spinoza dans l’Ethique (livre I, définition VI).

RELATIF

 Du latin relativus (qui est en rapport avec), qui provient de relatio (rapport, relation). Le terme « relatif » s’applique au contraire à tout ce qui est relié et subordonné à autre chose que soi-même, en tant que ce lien constitue une dépendance, une limitation ou une restriction. Comme le souligne Aristote dans son traité des Catégories (ch. 7), « on appelle relatives, ces choses dont tout l’être consiste en ce qu’elles sont dites dépendre d’autres, ou se rapporter de quelque autre façon à autre chose ».

Le relativisme est ainsi la doctrine selon laquelle les opinions, les vérités ou les valeurs sont relatives, c’est-à-dire dépendantes de conditions particulières et déterminées dans lesquelles elles changent. On parle ainsi de relativisme moral dans l’ordre des jugements de valeur (le bien et le mal varient selon les époques et les sociétés) ou de relativisme esthétique dans l’ordre des jugements de goût (les « goûts et les couleurs » varient selon les personnes). Le premier représentant de cette doctrine fut le Sophiste Protagoras dont le Traité de la vérité commençait par ces mots : « L’homme est la mesure de toutes choses ». Selon Platon, cette phrase signifie : « Telle une chose m’apparaît, telle elle est pour moi ; telle elle t’apparaît, telle elle est pour toi » (Platon, Théétète, 151e).

 En résumé : Est absolu tout ce qui existe en soi, en tant que cela est indépendant, inconditionné et potentiellement illimité ; en ce sens, l’absolu est toujours immuable.

Est relatif, tout ce qui existe en autre chose que soi, selon une relation de dépendance et de limitation ; en ce sens, le relatif est toujours variable.

MON POINT DE VUE

Lorsque nous nous situons sur le plan RELATIF, nous interprétons les évènements de notre vie en fonction de notre ouverture de Conscience, et donc : « A chacun sa vérité ou sa part de vérité » ; alors que ce qui est entendu comme étant ABSOLU est indépendant de notre avis et/ou de notre position.

Je considère personnellement que : RELATIF et ABSOLU, sont deux plans, deux dimensions, « Deux espaces de Conscience ».

Sans en avoir réellement conscience, depuis notre premier souffle de vie nous naviguons dans ces espaces. Ils nous aident à faire des choix, à nous déterminer, à nous situer par rapport à nous-mêmes et par rapport aux autres.

Par exemple, dans notre relation avec nous-mêmes et avec les autres, nous observons et nous évaluons nos impressions, notre ressenti, pour arriver comme on dit : « à faire la part des choses ». Pour cela bien sur, nous sommes influencés par nos goûts, nos croyances, nos convictions, nos aspirations. Nous tenons compte (plus ou moins) de l’avis des autres, de leurs souhaits, de leurs attentes, etc. Tout cela est interdépendant au moment du choix, au moment de la prise de décision.     

Ce que j’observe en général dans la relation à l’autre, c’est que l’Être humain malgré sa bonne volonté, rencontre des difficultés à échanger, à dialoguer, à écouter et plus encore, à entendre son partenaire. Le propos n’est pas de blâmer ou d’émettre des jugements de valeurs qui ne seraient que RELATIFS, c’est à dire conditionnés par ma propre conscience des choses.

 J’aimerai simplement attirer votre attention sur certains points, pour vous permettre de commencer à observer ce que cela peut changer pour vous.

Lorsque nous échangeons avec un proche, un parent, un ami, nous constatons parfois au cours de la conversation que le discours dévie, devient obscur. Nous perdons le fil qui nous relie à notre interlocuteur et nous ne sommes plus en « Résonance » avec lui. Je ne veux pas revenir sur le fait, que chacune des parties peut avoir des points de vue différents sur la situation en cours ; ceci est normal et juste. Il s’agit d’éviter qu’il y ait une coupure et d’aider les parties à rester centrées sur le sujet traité.

En parlant avec un ami, s’il me dit : « Tous les hommes sont égaux ». Je me vois très bien lui répondre : « A voir tous les êtres qui vivent en ce moment sur TERRE, il ne me paraît pas très évident qu’ils le soient ».

Bien sur, dans l’ABSOLU on peut considérer qu’ils le sont ; mais sur un plan RELATIF, dans la vie matérielle, celle à laquelle nous sommes confrontés au quotidien, force est de constater malheureusement, que ce n’est qu’un mythe. Il y a beaucoup trop de différence, pour croire en cette affirmation.

Si à mon tour, je lui dis : « Les 6,5 milliards d’Êtres humains qui peuplent la TERRE forment un TOUT, une UNITE ». Il pourra très bien me répondre que, malgré le fait que les 6,5 milliards d’êtres constituent ce qu’on appelle « l’Humanité », à son avis je vis dans l’illusion. Il m’expliquera : « Que je ne suis pas lui et qu’il n’est pas moi » ; « Qu’il n’est pas dans mon corps, comme je ne suis pas dans le sien ». Et que « Si un jour on lui coupe un bras, ce n’est pas le mien qui aura été amputé. »

Ce qui est flagrant ici, c’est qu’une des personnes développe une idée qui sous-tend la notion d’ABSOLU, elle parle alors d’un ABSOLU « Idéalisé » (ou de manière générale), tandis que l’autre argumente sur le plan RELATIF, très « Terre à Terre ».

Il arrive d’autres fois, que lorsqu’une des parties n’est pas d’accord (ou qu’elle souhaite prendre le contre-pied de l’hypothèse développée) elle présente un cas exceptionnel, « l’exception qui confirme la règle » pourrait-on dire.

Dans tous les cas, si les personnes restent sur leur position, sans essayer de bouger un tant soit peu, elles vont entretenir la confusion, l’incompréhension et générer à cour terme de la souffrance.

Imaginons qu’au cours d’un débat, l’orateur explique les dangers qu’il y a à consommer du tabac, de l’alcool et autres substances. Il ne fait pas l’ombre d’un doute, qu’une personne bien intentionnée (qui pour se rassurer, probablement inconsciemment) ne tardera pas à rapporter l’histoire d’un ami ou d’un lointain ancêtre. Ce dernier, malgré son âge avancé, le fait qu’il fumait à longueur de temps et buvait plus que de raison (ou de soif), a néanmoins enterré 3 épouses, défiant ainsi les lois de la nature.

Comme on l’a souligné précédemment, on voit très bien que le premier argumente sur un plan général. Il est évident que dans l’ABSOLU on ne peut qu’être d’accord et reconnaître que la consommation régulière de ces substances est nuisible à la santé.

A l’opposé, le contradicteur argumente sur un plan RELATIF et effectivement on peut toujours trouver un cas exceptionnel.

Les personnes n’ont pas toujours conscience, qu’elles argumentent respectivement sur des plans différents et cela entretient la « Dualité » et leur inconfort.

Dans le cas présent, pour que le débat soit constructif il serait souhaitable de préciser :

- Que les risques encourus sont bien réels, mais qu’ils peuvent être en partie limités.

- Que l’incidence sur la santé peut varier en fonction de la fréquence de la consommation, de la nature même des produits, de la nature aussi des personnes et d’autres facteurs qui nous échappent (Il est parfois difficile de comprendre la « justice Divine » devant les comportements quasi suicidaires de personnes, qui font tout de travers et vivent plus que la moyenne. Alors qu’à l’inverse, certaines encore jeunes, décèdent d’un cancer ou autre maladie, malgré le fait qu’elles menaient une vie saine et équilibrée).

L’intervenant pourrait conclure que malgré cet inconnu, il est de loin préférable d’adopter une « bonne » ligne de conduite dans l’existence et d’être vigilant à ce que nous consommons, etc.

Y a t-il un piège ?

Effectivement, il y a un axe où on risque de se perdre. Le piège serait de penser que nous avons à nous fixer au préalable une règle rigide. Que celle-ci nous obligerait à déterminer à l’avance, à nous cheviller dans l’un ou l’autre plan, en estimant que pour telle situation le plan de l’ABSOLU est plus avantageux, ou inversement. Nous aurions donc une règle qui opposerait ces deux plans ; hors nous savons que « La Voie du Juste milieu » est toujours préférable aux positions extrêmes. Pour un faire un parallèle, c’est le même principe qui régit les concepts de Yin et de Yang, de bien et de mal, de chaud et de froid, etc. Ils sont complémentaires, comme les deux pédales d’un vélo. Quand l’une est en haut, l’autre est en bas et la seconde suivante se sera l’inverse. Nous ne nous posons pas la question du choix car les deux participent et produisent le mouvement.       

Quelle attitude avoir ?

Dans chaque situation que nous offre la vie, nous tirons toujours avantage à bien considérer les faits, pour réajuster et réactualiser sur le champ. Pour toutes situations que nous qualifions « Nouvelles » (donc en dehors de celles que nous avons déjà eues à traiter et qui demandent peu d’investigation), nous avons intérêt à observer et à passer en Conscience (plusieurs fois sans doute) du Plan ABSOLU au plan RELATIF. Et dans ce mouvement de va et vient, nous devons considérer les opportunités et les inconvénients perçus dans chacun d’eux, pour en retirer la substance. Le mélange de ces plans est par conséquent, constructif et nourrissant.

En conclusion :

Nous savons que les décisions prises à la hâte, dans le feu de l’action, sans le passage par le filtre de ces « Espaces de Conscience », laissent le champ libre au jeu du Mental et de l’Ego. Inutile d’insister sur le fait qu’elles seront alors, erronées, injustes et inappropriées à la situation. En revanche, la stratégie élaborée ci-dessus peut nous aider à acquérir une opinion juste et adéquate, basée sur une mûre réflexion. De plus, elle nous aidera souvent à rapprocher des points de vue, à comprendre celui des autres et à les respecter.

 « Lorsque ABSOLU et RELATIF sont bien intégrés et utilisés,
ils fluidifient le mouvement de la Vie ».

Janvier 2009
 

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