Articles Pierre JOURDA 2010


PENSÉES OCCASIONNELLES

1er Volet

Le titre que j’ai choisi pour cet article « Pensées occasionnelles » est en rapport avec le nom de certains Wakas, écrits par l’Empereur MEIJI. S’il a nommé la plupart de ses poèmes de façon explicite, par exemple : MIZU (Eau), TOMO (Amitié), une vingtaine d’autres portent le  nom ORI NI FURETE « Pensées occasionnelles ». Pour ces derniers, on ne découvre leur sens qu’en les étudiant. D’une certaine façon, il a voulu attirer notre attention sur un thème précis et particulièrement  important à ses yeux, en nous disant :

« Est-ce que vous pourriez s’il vous plait, à l’occasion,
penser à ça ! Et si possible, dans beaucoup d’occasions ! »

Dans le présent article je vais aborder des sujets différents mais néanmoins liés. Ils m’affectent particulièrement et m’incitent à attirer votre attention. Ce qui justifie pour moi ce titre. La première partie sera en quelque sorte un mini « coup de gueule » pour dénoncer certaines agissements, alors que dans la seconde je ferai une analyse du courant Reiki actuel. Au final, la recommandation que j’adresse est destinée aux personnes sincères qui aspirent à « cheminer » dans la Voie du Reiki. Dans ces 3 volets, je n’ai pas l’intention de me positionner en donneur de leçons mais de livrer mon sentiment sur quelques situations et comportements, que je trouve particulièrement dégradants et néfastes.   

La méprise !

 Je vais évoquer une situation qui me pèse depuis quelques temps. Il s’agit de « la chasse aux sorcières » qui se pratique actuellement dans le milieu des pratiques énergétiques, du développement personnel ou du bien-être, sous de « faux prétextes » (secte - risques de manipulations mentales – exercice illégal de la médecine…)Le Reiki n’y échappe pas ! Je veux aborder sereinement ce sujet, dire les choses avec simplicité mais sans complaisance.

La MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) s’active farouchement depuis plusieurs mois pour débusquer les malfaisants. Certains médias prennent le relais avec délectation, ils font plaisir au pouvoir en place et participent au conditionnement des masses. On nous sert par moments bien choisis (à quelques jours de la présentation du rapport 2009 de la MIVILUDES) des reportages, dont on peut douter de l’objectivité et de la rigueur professionnelle, qu’on est en droit d’attendre. Y a-t-il un code de déontologie dans la profession de journaliste ? Il semble heureusement que ceux qui participent à ce genre d’exercice, ne représentent qu’une infime minorité. Je garde encore en mémoire la « fameuse » émission diffusée sur M6, le 10 Mai 2009 à 22h45, ayant pour titre « CHAMANS, GOUROUS : nouveaux sorciers, nouveaux dangers ». Elle n’est malheureusement qu’un exemple, parmi les reportages qui mettent en pâture des pratiques « hors normes officielles » et certains intervenants, en les faisant passer pour des escrocs, des voyous ou des fous « agités du bocal ».

A propos de cette émission, rien qu’en lisant le titre comment ne pas avoir peur ? Ne nous y trompons pas, rien n’est fait au hasard ! C’est d’ailleurs le but recherché : FAIRE PEUR !!! Un truc vieux comme le monde. Il vous met tout de suite dans l’ambiance de ce qui suit dans le reportage. Quand il y a meurtre, la première question que se pose les enquêteurs est : « A qui profite le crime ? ». Dans le cas présent, est-il nécessaire de se poser la question ?

Pendant la semaine qui a suivi sa diffusion, j’ai étudié la copie de ce film. Cela a consisté à : décortiquer le montage des séquences, retranscrire tous les commentaires, les analyser, découvrir comment la désinformation est induite, comment on amène une stagiaire à dire des choses qui visiblement n’avaient même pas effleuré son esprit. J’ai ensuite comptabilisé le temps de parole imparti à chacun des intervenants, etc. C’est édifiant et inqualifiable !

Rien qu’un exemple : Cette émission dure 1h 08’ 57’’, y compris la « Pause publicitaire » vers le milieu du reportage. Je dis « Pause publicitaire » car en effet, c’est l’expression utilisée. Ceci pour nous inciter à regarder des spots (bien confortablement installés dans nos canapés) et à écouter la prêche (pardon, la bonne parole !) des prêtres publicistes qui cherchent à nous conditionner sur ce que nous devons penser et surtout consommer, si nous voulons restez jeunes, être heureux, beau, beau, beau et C.. à la fois ! L’émission vous offre une « Pause ! », on dirait du PAGNOL. Pour revenir plus sérieusement à notre exemple, le temps de parole de Nita MOCANU (mis en cause) est de 3’ 24 pour 13 interventions, allant de 2 à 52 secondes. Notez encore que la coupure publicitaire intermédiaire dure 6’ 22 sans interruption (il faut bien que la « petite chaîne » vive !), presque le double que le temps imparti au « businessman de l’énergie universelle ». Mais OUI, c’est ainsi qu’ils osent le nommer !

L’intention des commanditaires était-elle ce soir là d’informer objectivement le public ? On ne peut qu’en douter ! Si on doit être amené un jour à observer dans le détail ce reportage, ce n’est pas un article qu’il faudra écrire mais une thèse. Je me prononce ici par rapport au Reiki que je pratique de longue date et à la personne mise en cause, que je connais personnellement. Pour les autres sujets abordés dans le film, je ne me prononce pas. Si je m’abstiens c’est pour la simple raison que je ne les connais pas, ni ceux qui les représentent. De quelqu’un qui ouvre sa bouche sur un sujet qu’il ne connaît pas (ou superficiellement), on peut voir la marque de son inconscience. Par contre, si cette personne dans les mêmes conditions se prononce en conscience, c’est qu’elle est malhonnête. Personnellement je suis en partie conscient (j’ai le mérite de le reconnaître) et honnête, c’est la raison pour laquelle je mets parfois en réserve mon jugement. Certains feraient bien de s’inspirer de cette ligne de conduite. 

Mes interrogations

 - Nous prendrait-on pour des sots ? Ce n’est pas le mot qui me vient à l’esprit en écrivant ces lignes mais j’ai dit que j’allais rester serein. J’aurais tendance à croire que : « OUI ! ».

- Qui  parle de manipulations mentales ? Qui manipule qui, dans le cas présent ? On est en droit de se demander si ce n’est pas le gendarme qui joue au voleur. On aura tout vu. Malheureusement je crains que non ! 

- Est-ce qu’on prend les dizaines de milliers de praticiens de notre pays pour des fous dangereux, des idiots, des incompétents, des escrocs, des voleurs, des gourous, des manipulateurs à l’affût de la prochaine victime ? Si la réponse est : « OUI ! », alors il faut que nos dirigeants s’empressent de faire des rafles pour exterminer la vermine. Idem pour les personnes qui souffrent dans leur corps, dans leur chair et qui bénéficient quotidiennement des bienfaits des séances Reiki (ou d’autres pratiques énergétiques, toutes aussi respectables).

- Est-ce qu’elles ne sont pas capables de juger par elles-mêmes des bienfaits ou de l’absence de résultat ?

- Est-ce qu’elles ne sont pas en mesure de ressentir dans leur corps, dans leur chair, la diminution de leurs souffrances ou une quelconque amélioration, que ce soit sur le plan physique, émotionnel ou mental ?

- Est-ce qu’elles sont totalement démunies d’intelligence et de discernement ? 

- Est-ce que les personnes valides (elles) qui nous sollicitent pour venir en aide aux membres de leur famille « en difficulté » sont elles aussi suspectées de tous ces maux ?

- Sont-elles les complices de la « voyoucratie énergétique » que nous sommes censés représenter ?

 Conclusion pour ce volet

 Si je devais m’adresser aux personnes qui doutent du bon sens et de l’honnêteté de l’immense majorité des praticiens et des personnes qui font appel à eux, je leur demanderai : « Mais pour qui vous prenez-vous à la fin ? Sur quoi fondez-vous vos doutes, vos accusations ? Quelles sont vos réelles motivations ? Faites preuve d’un peu d’honnêteté intellectuelle et de modestie dans votre analyse de la situation ! Ne soyez ni suffisants, ni arrogants ! Respectez « la France d’en bas », respectez-nous et respectez les personnes qui ont recours à ces pratiques ! Elles ne sont pas aussi naïves que vous le pensez. Elles savent pertinemment ce qui est bien pour elles, inutile d’essayer de leur faire croire vos mensonges  ou de tenter de les formater ! Ce temps est révolu ! »

Si nous nous adonnons à ces pratiques, c’est parce qu’elles sont en accord avec nos convictions, notre façon d’appréhender la Vie et les relations, dans une société l’humain et la nature doivent rester prioritaires. Nous recherchons tous notre part du Bonheur et tentons d’ajuster nos actions en accord avec nos valeurs. Messieurs, nous ne voulons rien vous prendre, ni votre argent, ni votre pouvoir ! Mais laissez-nous tranquille et respectez-nous !

Il serait facile (mais inutile) de disserter plus longtemps sur ce sujet, voilà globalement ce que je souhaitai exprimer et partager avec vous aujourd’hui. J’ai une pensée pour Alain CHEVILLAT, Directeur - Fondateur de l’association « Terre du Ciel » qui a subi les foudres d’un contrôle musclé, dont vous avez  sans doute eu quelques échos. Si ce n’est pas le cas, je vous invite à consulter le site : http://www.terre-du-ciel.fr

Prochain volet : Analyse du courant REIKI actuel.

Juillet 2010


RELATIONS entre ENSEIGNANTS
et ENSEIGNES

(Notion de KAJI)

1ère Partie

Avant de définir et d’expliquer ce que signifie l’expression Japonaise « KAJI », j’aimerai souligner quelles peuvent être les différentes formes de relation entre « Enseignant » et « Enseigné ».

Dans toute transmission d’un savoir (ou d’un art), la nature de la relation entre celui qui enseigne et celui qui reçoit l’enseignement,  varie selon le positionnement de chacune des parties. Elle peut évoluer dans le temps et se met en place dés le début de la rencontre, de façon implicite ou verbale. C’est ainsi que la relation peut être de type : « Professeur – Client », « Professeur – Elève », « Maître - Client », « Maître – Elève » ou « Maître – Disciple ». En fonction de la terminologie, nous connaissons la nature des rapports qu’entretiennent les protagonistes. Dans les deux premiers cas, on nomme Enseignant celui qui transmet le savoir : professeur, instructeur, formateur, initiateur… Dans les trois autres, on l’appelle Maître ou Guide. Quant à celui qui reçoit l’enseignement, il peut avoir le statut de : client, élève ou disciple.

J’affectionne particulièrement l’expression « Enseigneur » à la place d’enseignant, elle m’est apparue au fil de cet article. Je la trouve empreinte d’une touche de grâce et de noblesse ; qualités que l’on  retrouve parfois chez certains transmetteurs. En effet, qu’y a t-il de plus beau et de plus noble que de pouvoir accompagner une personne sur la voie qu’elle a choisie ?

Pour la clarté de mon exposé et bien qu’on puisse trouver quelques similitudes, je m’abstiendrai d’évoquer les types de rapports entre enseignants et enseignés dans notre système scolaire (écoles primaires, lycées, collèges, universités…).

Relation Professeur/Client et Professeur/Elève

 Dans notre société Occidentale, si vous vous inscrivez à un cours de danse, de yoga, de peinture, de musique ou autre, les rapports sont le plus souvent de type : professeur/client ou professeur/élève. Il est clair que dans la relation professeur/client, le transmetteur n’a pas de véritable revendication envers l’apprenti. Le client paie pour une prestation et il reçoit ce qu’il est venu chercher. Chacune des parties honore sa part du contrat et tout va bien.

Considérons maintenant la relation professeur/élève. L’apprenti est toujours un client, dans le sens où il rémunère son formateur. Cependant, des liens plus étroits ont commencé à être tissés entre eux. C’est à dire que l’apprenti commence à prendre goût à ce qu’il fait (l’appétit vient en mangeant, dit-on) et il s’investit de plus en plus dans sa pratique ou l’étude de son art. Sans cesse demandeur, il sollicite fréquemment son instructeur. Ce dernier apprécie généralement cet appel, reçu comme une forme de reconnaissance de la pratique transmise. Une évolution dans la relation se crée, l’élève passe sans que ce soit toujours formulé, du statut de « client » à celui « d’élève ». Le professeur devient plus exigeant car il tient à nourrir ses besoins et de son côté il s’investit comparativement, pour l’aider à hausser son niveau de pratique. La confiance et le respect mutuel se renforcent, ces ingrédients seront indispensables pour que leur collaboration soit saine et qu’elle perdure. De plus, ils leur permettront de franchir aisément, notamment du point de vue de l’élève, certaines difficultés inhérentes à toute aventure humaine et à toute collaboration.

Relation Maître/Client et Maître/Elève

 Lorsque nous avons pour « « Enseigneur », non plus un professeur mais un Maître (dans le vrai sens du terme) ; celui-ci est également par nature, courtois, bienveillant et tolérant vis-à-vis de ses clients. Si l’un d’eux le sollicite pour devenir son élève, il pourra refuser. Pas nécessairement parce que le prétendant a des lacunes physiques ; mais plus sûrement parce qu’il aura jugé que ce client ne présente pas à ses yeux certaines valeurs morales. En revanche, si la requête est acceptée son statut change et leurs rapports également. Comme il a été souligné dans la relation professeur – élève, le Maître sera plus précis mais aussi plus ferme pour l’aider à se perfectionner. Outre le fait qu’il lui demande davantage d’efforts sur le plan physique, il stimule son attention, l’incite à développer son sens de l’observation, son intuition et la compréhension de son art de façon générale. Sur le plan de l’éthique, il s’efforce de lui transmettre certaines valeurs : Honneur, Respect, Honnêteté, Tolérance, Patience, Discernement, Reconnaissance,    Humilité, sens des responsabilités… A ce propos, il lui inculque qu’étant son élève il doit être représentatif de son école et que son attitude dans la vie, doit être le reflet des enseignements qu’il reçoit. Il lui fait prendre conscience que s’il s’écarte des valeurs transmises, il s’écarte en même temps de son Guide qui pourra le « remercier ».

Nous observons que tout cela mit bout à bout, change considérablement la profondeur de ce qui est transmis, selon que vous soyez « Client » ou « Elève ».

Relation Maître/Disciple

 Il arrive quelque fois qu’un élève aspire à devenir « Disciple » du Maître. C’est une position qui était encore relativement fréquente, jusqu’au début de XXème siècle au Japon. En effet, les Maîtres Japonais (quel que soit l’Art enseigné) acceptaient au compte goutte quelques disciples. La plupart n’en ont pas eu plus de 3 ou 4 tout au long de leur existence. De nos jours, ce type de relation est de moins en moins courant. Il faut bien comprendre, que lorsqu’un Maître accepte de prendre un disciple, non seulement il s’engage à le guider sur la « Voie » mais il le prend également en charge sur le plan matériel. C’est à dire que le disciple vit et dort chez lui, il le nourrit comme son propre fils et pourvoit à tous ses besoins. De son côté, en dehors des temps de formation, le disciple contribue aux tâches familiales, il s’occupe de l’entretien du Dojo (Dojo : lieu où on pratique la Voie. Do « Voie » - Jo « Lieu »), fait les courses, etc.

Leur relation est étroite et le Maître a une vue permanente sur lui. Sa façon d’étudier, de se tenir, d’écouter, de recevoir l’enseignement, rien ne lui échappe. Tout dans leur relation contribue à son apprentissage et c’est à travers celle-ci que peut naître la notion  de KAJI. Je parle de « notion » car ce mot exprime plusieurs aspects.

 Définition de « KAJI »

 Par exemple en Reiki, KAJI peut être compris comme le moment précis du « REIJU » ou de « l’INITIATION ». En effet, c’est le moment où il y a la transmission de la capacité à percevoir davantage d’énergie de vie et c’est le moment précis où il y a quelque chose qui est reçu, qui est comme une Bénédiction. Cela revient à donner à l’élève, la capacité d’être un canal pur afin que l’énergie Reiki puisse le traverser, pour être prodiguée à une autre personne ou à lui-même.

Définition d’Isabelle PADOVANI (Enseignante en ONSEI-DO. www.onsei-do.com) : KAJI désigne le moment où l’énergie ou l’essence du transmetteur se met en contact direct avec l’essence de celui avec lequel il se relie. Si on étudie ce mot, cela nous donne : KA : Incarnation de l’Amour, de la Lumière et  JI : Pour que ce soit transmis en direct. C’est la transmission directe KAJI, c’est vraiment la Bénédiction, l’élan du cœur de celui qui transmet dans l’énergie à celui qui reçoit « I SHIN DEN SHIN ».

Ecoutons maintenant les propos de Noriko MATSUZAWA (Maître de calligraphie). Elle nous donne un sens plus large de la notion de KAJI : « Dans le Bouddhisme, le KAJI ça veut dire aussi que si vous avez un Bouddha chez vous, vous entretenez une relation avec ce Bouddha. Tous les jours vous faites des gestes pour l’Honorer, vous le nettoyez, vous lui faites des offrandes, vous dites des Prières etc. Ça en fait, c’est KAJI ! C'est à dire que si on fait ça, on se donne, on s’offre à lui et en fait, c’est ce qui l’amène à nous visiter et c’est aussi ce qui fait, que nous on le reçoit. Dans ce sens, c’est HONORER ! »    

 On se rend compte à travers ces quelques lignes, que la Relation entre « Enseigneur » et Enseigné dans le rapport Maître/Disciple devient l’enseignement. Si le Maître comme on l’a déjà souligné à une vue constante sur le disciple, ce dernier en revanche se nourrit de tout ce qui émane de son Maître. Sa façon de s’exprimer, de regarder, de bouger, de   respirer, ses postures… La notion de KAJI est omniprésente, chaque instant de vie partagé est un enseignement pour le disciple. Toutes les tâches auxquelles il participe et qu’il accomplit pour soulager la charge de son Guide, sont également KAJI. Dans ces conditions, les KAJI c’est toute la journée. Le lien énergétique se tisse en permanence entre le Maître et le disciple et il se renforce au fil du temps.

Dans votre relation, si vous sentez dans votre cœur, dans l’instant, la qualité de présence qui est là, alors le KAJI est inusable, alors il y a transmission. Nous devons bien reconnaître que de nos jours nous ne vivons pas (ou pas pleinement) ce principe de vie qui est vécu naturellement au Japon. Cela demande du temps et nous, nous avons la fâcheuse habitude de toujours vouloir un retour immédiat sur investissement. On ne prend pas le même espace intérieur, on ne s’accorde pas suffisamment de temps. Ne soyons donc pas surpris ensuite, de ne pas avoir les mêmes résultats.

Si ce type de relation est favorable pour faire d’un « apprenti » un « expert », dans certaines voies spirituelles il est indispensable pour que le Maître puisse guider le disciple sur la voie de la Libération intérieure.


RELATIONS entre ENSEIGNANTS
et ENSEIGNES

2ème Partie

De nos jours, qu’en est-il de la relation entre
« Enseigneur »
et Enseigné ?

Nous devons nous rendre à l’évidence que dans la pratique du Reiki, puisque c’est là où je veux en venir, force est de constater que nous sommes à des années-lumière de cette façon de transmettre, mais aussi de recevoir l’enseignement et l’énergie Universelle (l’énergie Reiki).

On peut se dire que les conditions sont différentes et par conséquent, les rapports entre les personnes le sont également. J’entends poindre les sempiternelles remarques du style : « Oui mais nous ne vivons pas à l’époque de Mikao USUI ! Oui, mais nous ne sommes pas des Japonais ou des Asiatiques ! Il faut évoluer, le monde évolue, les choses changent. Il faut suivre le cours de la vie ! » Etc. Tout cela est exact et il est certain que nous devons suivre le cours de la vie. Mais tout de même ! Quand est t-il de l’amour et de la gratitude du disciple ? Je n’ai pas la prétention de développer ici tous les aspects de la relation, je laisse à chacun le soin de faire sa propre analyse. Mon but est d’attirer l’attention des « Enseigneurs » et des « Enseignés » pour conserver ou retrouver l’essence de la transmission du Reiki, avec l’espoir que cela se reflète un jour au niveau de l’Humanité. Mais pour arriver à ce que ce vœu se concrétise, nous devrons passer par des étapes et commencer à faire un constat, car comme dit Isabelle PADOVANI : « Il y a une chose qui n’arrive pas à passer les frontières, ça a dû rester à la douane, c’est ce sens du Respect, c’est ce sens d’Honorer et de l’Humilité ! ».

En effet, quand est-il du Respect, de l’Honneur et de l’Humilité ?

Est-ce que le Respect doit être banni de nos relations au XXIème siècle ? Est-ce que l’Honneur a encore un sens pour nous ? Nous arrive t-il d’Honorer, de rendre Grâce encore aujourd’hui ? Sommes-nous suffisamment Humble dans nos vies ? Combien de personnes passent à côté de leur bonheur, de l’amour, de l’éveil de leur conscience ou du sens profond de leur vie, simplement par manque d’Humilité ? Prenons un exemple très simple. Il nous arrive parfois d’aspirer à suivre une formation ou un enseignement pour « donner un sens profond à notre existence ». A combien de questionnements et de doutes avons-nous été confrontés entre le moment où nous avons eu conscience de notre élan et le moment où nous l’avons réellement concrétisé ? Quelles ont été les tentatives de blocages de la part de notre mental ou de notre égo, pour nous empêcher d’y accéder ?

Si nous aspirons à nous « Eveiller », nous devons nécessairement nous poser certaines questions (et observer ensuite). Sommes–nous suffisamment humbles pour recevoir l’enseignement ? Sommes-nous ensuite suffisamment humbles et courageux, pour mettre en application ses principes ? Sommes-nous capables de faire bouger d’un millimètre notre point d’ancrage ? Parce qu’en fait : « La vie est un perpétuel enseignement ! ». Je n’ai pas le moindre doute que l’être humain (et j’en fais partie) a un vrai « Travail » à faire sur tous ces aspects. Ils sont toujours présents et imprègnent de façon erronée notre relation à nous-mêmes, aux autres et à la Vie en général.

 L’exemple Japonais

 C’est une grande leçon de vie pour tout Occidental lorsqu’il découvre le Japon, de voir comment les gens se respectent et comment ils vous respectent. Partout ils saluent, ils honorent, ils célèbrent. Ils prennent le temps de s’excuser, même pour des raisons qui nous paraissent futiles ou des causes que nous n’avons pas perçues. Leur sens de l’honneur est très haut placé et cela les conduit parfois à des extrêmes. Il y a plusieurs mois, le Président d’une grande entreprise s’est suicidé pour laver son Honneur et surtout préserver celui de sa famille, parce qu’il avait mis en péril la vie de sa société. Autre exemple, je me souviens que lors de notre voyage au Japon à l’automne 2008, le guide nous a expliqué que si nous étions perdus, il était préférable de prendre un taxi pour rentrer à l’hôtel, plutôt que de demander notre route à un passant. Nous avons été  surpris de cette recommandation et lui en avons fait la remarque. Il nous a précisé : « Si vous demandez votre route à un Japonais, son honneur le met en devoir de vous renseigner ; en l’occurrence lorsque vous êtes touristes car c’est un Honneur pour tout Japonais de recevoir un étranger. Malheureusement il est parfois difficile même pour un Japonais, de donner une information précise. Si le cas se présente, vous constaterez que cette personne sera très embarrassée et mal à l’aise car elle ne pourra satisfaire votre demande. C’est la raison pour laquelle je vous recommande de prendre un taxi ou alors, d’user d’un stratagème. Celui-ci consiste à vous placer devant un plan de la ville et à jouer au touriste qui cherche sa route (ce qui en l’occurrence sera le cas). Dans ce genre de situation, vous verrez assez rapidement une personne se présenter à vous. Elle s’exprimera le plus souvent en Anglais pour communiquer avec vous et fera le maximum pour vous orienter ou vous donner l’information. Le cas échéant elle se renseignera  auprès des autres personnes et si ce n’est pas trop loin elle vous accompagnera un bout de chemin, avant de vous saluer et de vous remercier ».

Il faut bien comprendre que de nos jours encore (malgré que le Japon soit devenu très moderne), toute la vie y est rythmée par des rituels qui ont pour but de « Célébrer et d’Honorer la vie ! ». C’est à travers eux que les Japonais entretiennent et perpétuent la tradition et les valeurs comme : le Respect, l’Honneur et l’Humilité. Le rituel au Dojo n’échappe pas à cette règle. Par exemple au moment où les élèves pénètrent dans la salle d’entraînement, ils font le salut. Les « nouveaux » doivent se faire admettre par les plus anciens et ils se placent au dernier rang. Lorsque le Maître arrive, les élèves sont en rang. Quand il est installé, le plus ancien donne le commandement, toutes les personnes saluent ensemble le Maître en posant leur front à terre. Dans le même temps et réciproquement, le Maître salue les élèves. Ils savent tous indépendamment de leur grade (parce que ça leur a été inculqué dès leur plus jeune âge), que pour recevoir l’enseignement il faut se faire tout petit. C’est une marque d’Humilité et c’est l’ingrédient de base !

Non ! Je ne suis pas en train de dire que pour pratiquer le Reiki nous devons nous faire brider les yeux ! Par contre, il serait opportun que nous mettions un peu plus de conscience dans notre vie et nous souvenir que pour qu’il y ait « Transmission », il faut au préalable qu’il y ait un transmetteur et dans le cas du Reiki, c’est le Maître. Faut-il encore qu’en face, il y ait un réceptacle pour recevoir ce qui sera transmis ; car s’il n’y a pas la coupe, le Graal, l’essence de l’enseignement ne sera jamais reçue. Ce qui revient à dire que du point de vue de l’élève également (de la personne qui veut suivre la Voie), il y a un certain positionnement à avoir.

Concrètement dans notre pratique, dans la relation avec nos élèves, avons-nous en tant « qu’Enseigneurs » la conscience de tisser un lien quelconque ? N’avons-nous en face de nous que des clients ? Quand aux personnes qui cheminent en notre compagnie (depuis un certain temps), ont-elles cette conscience là ? Comment se positionnent-elles par rapport à nous ?

Pour que les choses soient claires, je tiens à préciser que :

  1. Les personnes qui font la démarche de cheminer dans la Voie du Reiki sont libres à 100% des choix qu’elles font.

  2. Elles n’ont en aucune façon à nous justifier leurs choix.

  3. Sur un plan général, elles n’ont aucun compte à nous rendre.

De mon point de vue (outre les aspects qui relèvent de la morale ou de l’éthique), si je m’investis dans une relation avec un élève, cela signifie que je m’engage à le servir, de mon énergie à son énergie. C’est à dire que toute sa vie il peut appeler mon énergie. Cependant, quand on fait ce lien de KAJI avec quelqu’un, on ne peut le faire en toute sécurité que si on a l’assurance que de son côté il va aussi nourrir le KAJI. Pour cela, le minimum que nous puissions attendre en retour, c’est qu’il nous respecte et qu’il nous honore, comme nous le respectons et comme nous l’honorons ! Hors ce n’est pas toujours le cas.

Expérience personnelle

 Il peut nous arriver en tant que Maîtres de vivre des expériences affligeantes, voire pitoyables. Effectivement nous sommes par moment témoins, voire victimes de comportements désinvoltes qui sont bien loin des notions de KAJI. La Vie m’a fait l’Honneur d’accompagner un certain nombre de personnes, depuis le 1er degré jusqu’à la Maîtrise. Comme je l’ai déjà dit, j’ai toujours espoir que la relation soit fondée au minimum sur une forme de respect mutuel et c’est généralement le cas. Une fois cependant, une personne a trahit cet engagement non verbal, créant ainsi une situation délicate. Lorsque cela arrive, non seulement nous sommes affectés directement mais il y a toujours le risque, que cela rejaillisse sur les élèves. Dés que nous avons confirmation de certains agissements, nous  devons immédiatement demander aux mis en cause de suivre leur propre Voie. Après coup, il sera profitable d’analyser la situation pour en modifier les conséquences et bien sûr en tirer quelques enseignements. Très souvent on se culpabilise, on se dit des tas de choses et notamment que : « C’est en partie de notre faute. » Probablement d’ailleurs, car nous n’avons sans doute pas mis tout en œuvre pour que cela ne se produise pas, nous n’avons pas été assez clair sur certains points, nous n’avons pas suffisamment bien manifesté notre désaccord ou nous n’avons pas bien transmis certains enseignements, etc. 

A présent, lorsque je regarde le film de l’évènement vécu, me revient le souvenir d’avoir eu par moments quelques vagues impressions dérangeantes, sur le positionnement réel de la dite personne. J’ai pensé à l’époque que les signes qu’il me semblait percevoir n’étaient que le fruit de mon imagination et je m’en suis remis à la Justice Divine, en me disant : « Si cela est bien réel, la vérité éclatera. Si cela n’est pas, qu’il en soit ainsi ! ». Je garde présent à l’esprit le dicton suivant : « On peut tromper une personne toute notre Vie ! On peut tromper tout le monde un moment, mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps ! ».

Alors, est-ce que je n’ai pas voulu voir la vérité ? Très sincèrement je ne le pense pas ; simplement par nature j’ai toujours l’élan d’accorder ma confiance à l’Être humain. Ce qui à mon avis le renvoie à sa propre responsabilité et l’aide à s’élever. Evidemment cela ne fonctionne pas toujours car tous les Êtres n’aspirent pas à la transcendance. En revanche, nous ne devons pas tolérer ces comportements et encore moins, accepter qu’ils se perpétuent car comme dit le proverbe arabe : « Si quelqu’un abuse de toi une fois, c’est de sa faute. Si la même personne abuse de toi plusieurs fois, c’est de la tienne ! » En bref, lorsque nous permettons la récidive nous devenons complices et nous n’avons alors qu’à nous en prendre à nous-mêmes. Je pense que si nous nous respectons, nous avons le devoir de nous protéger et au-delà de notre propre personne, nous devons défendre l’intégrité et la tranquillité de ceux qui nous accompagnent.

Désormais la situation est assainie, notre groupe de travail est protégé et les personnes qui avaient été témoins de certains faits sont soulagées. Ce genre d’expérience, même s’il n’est jamais souhaitable nous fait grandir quelque part. Aujourd’hui la page est tournée, je n’ai plus d’amertume, ni de ressentiment. Si je repense à cette personne, je me dis qu’elle chemine à son rythme et que son parcours, comme celui de chacun d’entre-nous est aussi semé d’embûches.

J’ai bien compris la leçon, je suis à nouveau parfaitement en Paix et en Harmonie avec moi-même, avec les personnes qui cheminent en ma compagnie (que je remercie ici) et avec l’Univers.

Merci la VIE !

 Janvier 2010
 

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vendredi 09 juillet 2010 10:23:14